Pas d’agriculture sans respect de la nature !

 

Communiqué de presse EELV 15

Malgré cinq programmes d’actions depuis 1991 et la mise en place de la Directive nitrate, la pollution des eaux souterraines et de surface augmente dans de nombreuses régions françaises conduisant même à la fermeture de captages d’eau devenue impropre à la consommation.

Cette situation a conduit la Cour de Justice de l’Union Européenne à condamner une nouvelle fois la France le 4 septembre pour manquement à la Directive nitrate. La facture s’élèverait à des dizaines de millions d’euros

Or plutôt que de prendre le problème des nitrates à bras le corps, il semblerait que le gouvernement cède à la tentation de relâcher les normes. En effet le Premier Ministre a annoncé que le gouvernement travaillerait prochainement «à une adaptation de la directive nitrates dont l’approche normative a clairement montré ses limites». Après le lobby immobilier, il semble qu’un certain lobby agricole ait réussi à trouver l’oreille conciliante de Matignon….

Pour EELV, la réponse de l’État est irresponsable tant d’un point de vue économique que de santé publique. Chaque année les ménages français paient entre 1 et 1,5 Milliards d’€ le coût de la dépollution de l’eau selon le ministère de l’écologie .

Dans le Cantal, après des analyses effectuées par la DREAL, 17 communes ont été classées en zones vulnérables. Les conséquences écologiques dues aux taux de nitrates élevés sont pourtant aujourd’hui malheureusement trop connues mais certains de nos parlementaires cantaliens et autre responsables politiques estiment que « la directive Nitrate n’est pas applicable sur notre territoire et exigent que les 17 communes cantaliennes soient exclues des zones vulnérables » (CF la Montagne du 17/09/204). Ce refus d’imaginer un changement de modèle agricole est consternant. Nous rappelons que l’application de la directive « Nitrates » a pour objectif de préserver nos ressources en eau.… et notre santé.

Nous devrions aider nos agriculteurs à réaliser la conversion de leur mode de production plutôt que contester les mesures de protection. Dire que les nitrates ne sont pas dangereux, c’est faux . Il est vrai que la mise en place des zones vulnérables oblige les agriculteurs à limiter l’épandage d’engrais, à respecter les périodes d’interdiction d’épandage, notamment en temps de fortes pluies, des couverts végétaux, pièges à nitrates, doivent être installés en hiver, et les bâtiments de stockage des effluents doivent être mis aux normes et agrandis. Dans notre département, où les pentes sont supérieures à 20% ces mesures sont coûteuses mais nécessaires et pour cela ils doivent être aidés.

Suite à cette directive, la plupart des pays européens ont réagi , par exemple en Autriche, 20% de la SAU (Surface agricole utile) est. devenue bio ; Alors pourquoi pas nous ?

Des solutions existent : ne faudrait-il pas plutôt revenir à des modes de production respectueuses de l’environnement, plus extensifs, adaptés à nos régions, moins coûteux ?

Plutôt que de batailler de manière irresponsable et démagogique contre l’application de la directive nitrate qui est faite pour nous protéger, nous demandons et attendons de nos politiques qu’ils se mobilisent avec les agriculteurs pour que les accompagnements vers des modes alternatifs de production soient à la hauteur des enjeux de santé publique.

Aurillac, le 19 septembre 2014

lire à ce sujet : http://auvergne.eelv.fr/2014/09/25/le-denis-et-les-oublis-de-la-fnsea/

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